Projet 1 : la quête du haïku

J’en ai un peu parlé sur mon facebook, et ici à quelques reprises, mais je suis restée globalement discrète. Le projet d’écriture qui m’occupe actuellement est un recueil de haïkus.

J’ai remarqué que la frénésie du début s’est complètement calmée, j’ai laissé les autres projets de côté pour ne suivre que la piste des haïkus. C’est tout drôle, car cette quête se couple exactement avec ma vie personnelle, qui a besoin de « redescendre », de s’assoir, de contempler… la coïncidence est forte. Du coup plus de pression. Fini de dire que mes haïkus ne sont pas bons, qu’ils se répètent, de me demander si ce sont bien des haïkus, si je ne suis pas complètement à côté etc. J’écris, je vis le haïku, et puis c’est tout. Je dois en avoir un peu plus d’une trentaine dans mon carnet, je vais les passer en version informatique pour faire une première relecture, une sorte de panorama de ce que j’ai, et tenter de prendre un peu de recul. Mais c’est surtout l’expérience qui compte et qui est forte. Quand je suis assise là dans un parc, dans le métro, ou debout d’ailleurs, ou quand je rentre des courses, et que je saisis un instant. Je profite vraiment de ce ralentissement, de ce retour du zen dans ma vie ! Ah, la fameuse quête du zen qui me parlait il y a un an et que j’ai laissée tomber… quelle cruche. Et comme par hasard vous l’aurez vu, la calligraphie (autre pratique zen) aussi revient exactement en même temps.

Mais bref. Je prends mon temps pour lire, pour écrire, pour avancer, décanter… Je m’étais fixée un an intensif pour avoir beaucoup de matière, que ça soit comme ceci et pas comme cela… et puis finalement au diable ! Je suis un long fleuve tranquille. Le haïku viendra quand il vient, moi j’apprends à le vivre. Et à mon avis ce rythme là est beaucoup plus adapté. Tant pis si mon recueil me prend plutôt deux ans. Je voulais aussi au passage vous présenter les lectures, les sources de réflexion qui  me servent de base pour explorer cette pratique.

Ce que j’ai sous la main :

  • « Anthologie du poème court japonais » chez nrf
  • « L’art du haïku, pour une philosophie de l’instant », poche
  • Un epub de Basho, « traité du haïku », fourni par Aranna
  • Paul Claudel, « Cent phrases pour un éventail »

Mes pistes :

  • Barthes, « l’Empire des Signes » (à trouver)
  • Kerouac, « Le livre des haïkus » ! A voir en anglais si possible plutôt qu’une trad, mais je ne savais plus qu’il avait écrit des haïkus !
  • Du côté de mon adoré poète P.Jaccottet apparemment aussi
  • Peut-être une piste avec le magazine « Marco Polo »
  • Aller voir du côté de l’association française du haïku
  • « Tout sur le haïku » de Dominique Chipot
  • « Les pouvoirs du silence » de … Lane
  • Daniel Gabriels, haïjin français (ici notamment)
  • Les éditions Liroli
  • « Haïku-dô, la voie du haïku« , Dominique Chipot

Affaire à suivre !

Publicités

L’importance du conte

Citation qui correspond exactement à mes interrogations du moment, trouvée grâce à Claire.

« Peut-être faut-il, pour les siècles qui viennent, s’obstiner à faire des livres avec les contes, s’obstiner à écrire des contes, afin d’introduire dans le monument blanc du futur un peu de nuit des temps, un peu de temps nocturne. »

– Pierre Péju

Source originale.

S’assumer d’être créatif, et aller au bout

Des réflexions bien trop en avance ce matin, mais mon esprit a décidé qu’il allait tourner à fond que je le veuille ou non…

Mes exercices d’écriture semblent fonctionner. J’ai repris l’écriture après… 4, 5 ans d’arrêt ? (vraiment, à peine quelques mots et fragments disséminés dans mes carnets) Je me lance dans la rédaction de ce format qui m’est cher, les carnets personnels. Ils ne sont pas vraiment des journaux intimes, vraiment des cahier de pensées, de réflexions, etc. Le cliché qu’on retrouve facilement est celui des carnets d’écrivains et artistes, qui sont plus des synthèses de leurs esprits plutôt qu’un témoignage de leurs vies. J’écris pour moi donc, je me suis accordée ces moments qui sont revenus tout seul d’abord, et par la suite j’ai dû apprendre à me « choyer », à choyer ces moments pour poursuivre l’aventure. Et j’ai réussi, j’ai terminé un cahier entier. Pas un très grand, mais ça reste un cahier. Complet. Une première pierre achevée pour moi qui n’ait jamais rien terminé (à part des petits textes).

Et alors tout doucement je me remets en route vers l’écriture, je veux approfondir. Je reprends des exercices de style, pour revenir à une écriture partage avec les autres. Pour nourrir la même dynamique que celle que je trace avec le dessin : être dans la création et pas le regard qui juge. Ne pas dire c’est bien, c’est mauvais, déjà commencer par produire. Et je ne comprends pas, je m’étonne, car à peine revenue à une création régulière. Très modeste d’ailleurs ! mais régulière. Eh bien voilà que mon petit esprit court déjà droit devant pour aller plus loin… Il veut que je m’assume, il veut que j’approfondisse. Il veut que je revienne à qui je suis, et alors, j’ai redécouvert un fait complètement banal mais que j’occultais complètement, que je refusais complètement…

Je suis une personne créative.

J’ai des difficultés, de très nombreuses difficultés. Je me critique souvent, j’ai du mal à avancer, à produire… mais c’est en moi. C’est en moi et ça déborde de partout. Ca déborde en cuisine, ça déborde quand je suis avec passion les aventures créatives des autres, ça déborde de la même façon que mon carton de matériel créatif déborde finalement ! Ca déborde des mes passions préférées pour l’encre, la calligraphie, la peinture asiatique, et l’aquarelle. Ca déborde de mon écriture… Et c’est peut-être, finalement, qui je suis au plus profond. Car pendant ces années de sécheresse, je me suis voilée la face. Je n’ai jamais arrêté d’écrire. J’étais ici, et là, et un peu plus loin là-bas. Sur des sites, des forums, des blogs, j’ai écrit partout. J’ai discuté, j’ai écrit des correspondances à rallonge, j’ai écrit des articles sur des sites/forums, j’ai proposé beaucoup de moi, et puis j’ai alimenté deux blogs personnels au moins, mon journal de route et mon grimoire. J’ai écrit des tonnes, des tartines… je me suis écrite, et j’ai écrit pour les autres. Quand j’y pense je me rends bien compte que « la Voie des Dieux » c’était pas seulement le plaisir de la recherche et du partage, d’offrir quelque chose de sérieux, c’était mon contact de fond avec l’écriture. Et si je m’écoute d’ailleurs, peut-être que finalement je suis prête à y retourner pour ce plaisir. Renouer avec lui et poursuivre l’aventure. D’écrire.

Alors peut-être qu’aujourd’hui si je « reviens » à l’écriture c’est naturel ? Peut-être que mon écriture cours devant comme un flot enhardi et non pas interrompu puis retrouvé ? Comme c’est étrange… et me voilà à repenser des projets d’édition. Un puis deux, puis trois. Deux maisons d’édition repérées. Et des questions très importantes sur l’éthique. Car finalement, choisir sa maison, c’est choisir qui va nous représenter. Et donc qui l’on veut être d’une certaine façon. Choisir une maison plus « verte », choisir une gamme de prix… finalement tout ça ce sont des questions très techniques et très pointues ! Qui je veux être pour de futurs lecteurs ? Est-ce que je veux favoriser la lecture pour tous et donc des prix plus bas ? Est-ce que je veux finalement être la seule décisionnaire et m’auto-éditer ? Est-ce que c’est pour gagner ma vie, la compléter, ou bien quelque chose de complètement parallèle ? Quelle place cela doit prendre ? …

Mais finalement je ris, car je n’en suis pas du tout là ! Doucement mon petit esprit qui s’envole… tu mets la charrue avant les boeufs…

 

EDIT  : Je rajoute une précision technique. Les petits (a) devant les titres marqueront à partir de maintenant les articles (a pour article, logique) qui ne sont pas écrits de ma main. Ainsi ça mettra plus en évidence les ressources de mes propres réflexions. Je vais devoir corriger tout ça…