Le besoin d’écrire

Voici un article trouvé grâce à Althéa Lou sur les carnets et l’écriture qui m’a beaucoup parlé :

J’ai toujours vu ma maman avec des carnets. Elle a toujours fait des diaries de nos voyages, et de la vie quotidienne, comme ici. Aujourd’hui, comme certains avec les albums photos, on s’y plonge pour se remémorer des bouts de notre vie, de nos enfances, et les choses qu’elle y a amoureusement collées, décrites ou illustrées sont comme des passerelles vers le souvenir : elles sont « Comme après la métempsychose les pensées d’une existence antérieure ».
Alors, très petite, j’ai aussi fait comme elle des carnets de vacances, j’ai tenu des journaux. J’adorais récupérer un tas de choses pour les y coller, et j’avais une boite d’aquarelle que mon père m’avait donnée, à laquelle je tenais beaucoup (et que mon ex m’a prise et n’a jamais voulu me rendre, le salaud !) J’aimais la sensation du papier qui se gondolait sous mon pinceau, les couleurs qui se mélangeaient pour faire de ma page un arc-en-ciel chatoyant et unique au monde.

Je sais vaguement où sont ces carnets. Je pourrais les avoir partout où je vis, comme fait ma mère qui, s’il y avait un naufrage, emporterait sa cassette de carnets avant tout. Mais pourtant, je préfère les laisser vagabonder à leur guise d’un caron à l’autre. Ainsi, chaque fois que je retourne dans notre maison, j’adore farfouiller dans mes trésors d’enfant, parce qu’au détour d’un carton, il est bien possible que je tombe nez à nez avec un de ces carnets précieux, et qu’à chaque page tournée, une vague de souvenirs déferle littéralement sur moi. Chaque page me transporte au moment où je l’ai noircie de mots, colorée de dessins ou illustrée de collages.

Le carnet le plus douloureux est uniquement composé de mots. C’est celui que je tenais lorsque, en 5ème, j’étais en pension. J’y étais très malheureuse et je consignais là mes chagrins et ma tristesse, les choses que je vivais. En même temps, j’aimais cette période car ma mère m’envoyait chaque semaine des lettres merveilleuses, où elle nous dessinait et peignait, notre famille, notre vie. C’était magique ! J’en ai perdu quelques unes, mais j’ai les autres, qui me sont très précieuses.

Et après cela, plus rien. Je n’ai plus tenu de carnet de vacances, je ne sais pas pourquoi. L’adolescence est arrivée avec son fardeau de méchancetés, et je me disais que malgré tous les cours de dessin, de poterie ou mes tentatives de réécrire une série du Club des Cinq à 10 ans (oui, dès que j’ai appris à lire, j’ai rêvé d’être écrivain) m’amenaient uniquement à me dire « en fait, je n’ai aucun talent ».

J’ai quand même toujours conservé des carnets vierges chez moi, dans mes sacs à main, « au cas où », mais ils restaient obstinément fermés. Les pages que j’écrivais pour me soulager, je les déchirais immédiatement après, car elles n’étaient qu’un défouloir.
Ce besoin d’écrire a tout de même repointé son nez il y a presque un an maintenant, mais je ne voulais pas écrire de façon à devoir relire mes sentiments, mon « vrai moi ». Alors j’ai ouvert ce blog. Jusqu’à mon billet sur ma « peur panique d’écrire », impossible de consigner un seul mot sur du papier : je ne m’abreuvais que des mots des autres. Mais en réalité, ce billet a été un vrai déclic. J’ai commencé à écrire mes articles dans mon carnet, puis pour moi, et j’ai aussi commencé à jouer à « Des mots, une histoire » d’Olivia : cela m’a prise un matin et depuis je ne m’arrête plus. Je libère enfin les mots qui, avant, étaient désespérément prisonniers de mon esprit.
Et le plus important, c’est que j’ose me relire, et ça c’est le plus grand pas pour moi.
A noël, j’ai besoin d’un nouveau carnet, et que vais-je faire pendant mes quelques jours de vacances dans la maison de famille ? Farfouiller dans mes souvenirs d’enfance et qui sait, je retrouverai peut-être un de ces carnets, qui renferment mes mondes !

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