Les histoires…

Mon directeur de recherche nous a déniché une perle. C’est son travail, mais tout de même, j’ai tellement aux anges quand il nous a fait découvrir ce texte ! Je vous recommande d’aller le lire en entier, c’est le discours de nomination de Doris Lessing au Prix Nobel de littérature en 2007. C’est une parabole sublime, touchante, sur le pouvoir de la littérature, de l’écriture, des livres. Une fable qui nous parle de notre monde moderne et de son problème fondamental, avec un hommage au « Tiers Monde » et un pied de nez au « Nord ».

Je ne poste ici que la conclusion, mais la parabole fonctionne comme un système entier, et c’est très enrichissant, et tellement plus percutant, de la lire complètement. Je souligne quelques passages qui me parlent le plus.

We have a treasure-house of literature, going back to the Egyptians, the Greeks, the Romans. It is all there, this wealth of literature, to be discovered again and again by whoever is lucky enough to come upon it. A treasure. Suppose it did not exist. How impoverished, how empty we would be.

We own a legacy of languages, poems, histories, and it is not one that will ever be exhausted. It is there, always.

We have a bequest of stories, tales from the old storytellers, some of whose names we know, but some not. The storytellers go back and back, to a clearing in the forest where a great fire burns, and the old shamans dance and sing, for our heritage of stories began in fire, magic, the spirit world. And that is where it is held, today.

Ask any modern storyteller and they will say there is always a moment when they are touched with fire, with what we like to call inspiration, and this goes back and back to the beginning of our race, to the great winds that shaped us and our world.

The storyteller is deep inside every one of us. The story-maker is always with us. Let us suppose our world is ravaged by war, by the horrors that we all of us easily imagine. Let us suppose floods wash through our cities, the seas rise. But the storyteller will be there, for it is our imaginations which shape us, keep us, create us -for good and for ill. It is our stories that will recreate us, when we are torn, hurt, even destroyed. It is the storyteller, the dream-maker, the myth-maker, that is our phoenix, that represents us at our best, and at our most creative.

Il y a largement de quoi expliquer pourquoi j’ai toujours été animée par les livres, les histoires, la littérature, pourquoi j’en ai fait mes études, et pourquoi l’écriture est en moi…

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3e cycle, première semaine

Bonsoir à tous et à toutes ! Voici enfin venu le nouveau cycles des Chemins de Lumière ! (cliquez pour les infos détaillées)

Pour les retardataires, il faut vous inscrire par commentaire ici, et vous fixer des petits objectifs.

Organisation, rappel : Ce soir je vous donne le premier thème de la semaine, vous pouvez laisser « poser » et ne dessiner que samedi, puis poster dimanche, ou bien faire dès que l’idée vient… vous êtes libres ! On se retrouve tous dimanche, pour échanger nos créations photographiées, ainsi qu’un petit texte d’accompagnement : comment avez-vous pris la notion ? pourquoi avez-vous choisi telle technique (collage, dessin, aquarelle etc) ? qu’est-ce que vous avez voulu représenter ?

  • ceux qui ont un blog postent leur lien en commentaire sur cet article, et je m’occupe de tout mettre en page
  • si vous n’avez pas de blogs vous m’envoyez par email votre création et votre commentaire (valiel at laposte point net)

Voilà en bref ! Après avoir tenté de lâcher prise au maximum pour choisir 4 thèmes différents, voici le premier de la semaine à venir : « Aube« .

Soyez-vous, soyez créatifs !

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(en cours !)

Participation de Narduin :

« L’Aube est une notion assez ambivalente pour moi : c’est un passage, un nouveau commencement, mais aussi un moment de mort, un moment glauque : les animaux rentrent au bercail, les babines pleines de sang. Les mourants qui ont lutté toute la nuit rendent leur dernier soupir. C’est l’heure des naissances et des grandes crises d’angoisses.

C’est ce que j’ai voulu représenter ici, l’ambivalence : l’eau de l’inconscient, nos emmerdes qui nous guettent, nos vieilles peaux qui nous encombrent, et finalement le passage, la prise de conscience, symbolisée par le portique, la rune Perthro et les quatre oghams le long des montants. L’inscription en vieil anglais est tiré d’une chanson de la trilogie du seigneur des anneaux et signifie : Elle n’a pas su écouté le désir de son coeur, trop occupée par le lever du soleil. Cela signifie aussi qu’il faut prendre le temps de faire le point sur nos désir : notre aube n’est pas forcément ce que l’on donne avoir ou que les autres aimeraient qu’elle soit. »

Participation de Cilou :

« J’ai utilisé un fond noir et des pastels. Je dessine jamais, j’avais pas envie d’utiliser des crayons de couleurs. Les pastels s’étalent avec les doigts et c’est ça me plait. J’ai dessiné une boule de lumière avec du blanc et du jaune et des espèces de cercles avec des couleurs chaudes. Puis j’ai fait des rayons de lumière qui partent dans tous les sens. J’ai bien aimé le contraste entre le fond sombre et les lumières qui jaillissent, c’est la lumière qui perce les ténèbres, comme l’aube. »

Participation de Pauline :

« A l’annonce du sujet m’est venu l’image d’un levé de soleil, puis l’idée du phoenix (car c’en est un) est venu ensuite ( je soupçonne l’influence des chevaliers du  zodiaque dont je regardait les épisodes successivement la semaine dernière). J’ai trouvé l’idée bonne car le phoenix m’évoque le feu, la lumière et la renaissance et le levée de soleil m’évoque… la même chose car comme le phoenix renaît de ses cendres, le soleil chaque jour …. revient (Ha!) et la lumière réapparaît; lumière que j’associe à la spiritualité et à la couleur jaune c’est pour ça que le ciel et l’eau (en dessous de la ligne d’horizon , ça ne se vois pas forcement mais c’est un lac… ou
une mer…ou un océan…enfin bref de la flotte) sont jaune aussi car irradié par cette puissante lumière. En revanche je ne sais pas pour quoi je tenais absolument à faire mon levé de soleil sur de l’eau mais je ne le voyais pas autrement. J’ai utilisé pour mon dessin du pastel sec car je me disais que le remplissage serait plus simple grâce à l’estompe et me permettrait d’obtenir une couleur plus ou moins « uniforme » et de faire des dégradés. Comme on peut le voir c’était une erreur mais je ne suis pas pour autant déçu car il me plaît bien quand même. »

Participation de Fred :

« Le Point du Jour, l’Aube, la Naissance, le Commencement, et l’Aurore aux doigts de rose…

Imbolc et la neige récemment tombée ont imprimé leur imagerie dans mon esprit.
Dès que j’ai lu le thème, cette suite de mots a traversé mes pensées, et en suivant leur courant, je suis arrivée près de ce petit muret de pierres au fond de mon jardin, la neige recouvrait le sol et seules les plus hautes herbes sèches, noires et cassantes, dépassaient du manteau blanc.
La pureté immaculée, brillante de tous les cristaux de givre et de neige, scintillait dans la lumière rasante du soleil levant.

Ça et là, les bulbes commencaient à pointer le bout de leur nez malgré le froid mordant, et en cette froide matinée, le soleil levant colore les cristaux de neige de rose : c’était Elle!! La Bride, ou Aurore était là et me bénissait de ses doux rayons, l’Aube de l’année a commencé, le Printemps reviendra bien vite maintenant qu’Elle est réapparue.

Une bien jolie vision pour se réchauffer et espérer les jours plus doux… »

Participation d’Avelliana :

« Lorsque Valiel a relancé les ateliers Chemins de Lumière, j’ai tout de suite était enthousiasmée. Mais mon amie la Peur est vite venue me rappeler à l’ordre : “quoi, tu oseras montrer tes horreurs à d’autres ???” Et j’ai failli renoncer.

L’objectif des ateliers m’a alors interpellée : et oui, le but, c’est justement de mettre sa timidité de côté, au final, de ne travailler que pour soi, et pour son bien être. Alors j’ai dit Banco !

Et je dois dire que j’ai vraiment adoré faire cet atelier !

Le thème, d’abord, m’a emballée de suite. Un peu trop vite peut être. D’emblée, des images de paysages de soleil se levant sur la campagne se sont imposées à moi. Et puis, j’ai trouvé cela un peu “bateau”. Est que l’aube ne représentait que cela pour moi ? J’ai alors laissé voguer mon esprit. L’aube, certes, ce moment magique où le soleil s’apprête à illuminer le monde. Mais c’est aussi, ce lieu liminal entre les ténèbres et la Lumière, le seuil entre les mondes. Moment où tout se teinte de mille couleurs, en même temps que l’ombre et la lumière s’entremêlent. Seconde magique où le temps s’arrête, où chaque chose oscille entre clair et obscur.

Moment de renaissance aussi, où la Nature s’éveille… Où règne le silence, où les premiers mots ne sont que murmures. Symbole d’Imbolc. Spirale sacrée de tout recommencement, comme chaque jour meurt et renaît. Et bien évidemment où l’arbre de vie à toute sa place.

Représenter tout ceci avec mes pauvres dons, quel défi impossible ! L’important pour moi était que soit présente la spirale de vie, au centre de tout, donnant naissance à l’arbre, lui-même porteur de vie dans le monde d’en haut et le monde d’en bas, le tout baigné de toutes ces couleurs lumineuses, claires ou sombres, fondues les unes aux autres, comme le sont nos univers.

Certes, mon dessin est très simpliste, sans relief, malheureusement à l’image de ce que je sais faire des mes dix doigts (!) et loin de celle que je peux en avoir dans la tête. Mais j’ai pris un immense plaisir à le faire. J’avoue avoir un peu perdu l’objectif du cycle au départ, toute à mon attention à bien faire. Et puis très vite, je me suis rappelé que j’étais là surtout pour lâcher prise, pour entrer dans cet état second que cette activité devait m’apporter. Et si çà n’a pas été le cas pendant les deux heures d’atelier, j’avoue avoir plus d’une fois “décroché” alors que je passais doucement le crayon sur le papier. Et je crois avoir renoué (ou simplement découvert ?) avec le plaisir de prendre son temps, et du geste simple.

Et je suis finalement assez contente de moi (Oui, oui…) et de partager cette réussite, car pour moi s’en est une.

Le plus difficile, au final, çà a été de réussir à photographier le dessin, dont il faut imaginer le rendu beaucoup plus clair… »

Participation de Valiel

« J’ai eu un peu de mal avec ce dessin. Etant donné que c’est le premier thème que j’avais retenu avant même de lancer le cycle, ça faisait longtemps que ça me trottait dans la tête… J’ai donc dû essayer de le laisser inerte autant que possible pour ne pas trouver des idées avant la première semaine du cycle, et ça n’a pas été évident. En fait j’ai dû trouver les thèmes le vendredi, et donc les premières images sont venues le week-end même du lancement. Dans la semaine, ça a été très mouvementé et désagréable, j’étais plutôt déconnectée de moi-même. Donc pas de nouvelles possibilités, et pas la force de réaliser quoique ce soit.

Alors finalement je suis restée sur cette idée très simpliste. L’aube à l’horizon, avec cette ligne qui était gravée sur ma rétine, et puis le premier plan… moi. C’est mon aube, et la seule idée qui me soit venue est celle de l’écriture et de la lecture, puisque je m’y remets. C’est le début, le renouveau de tout ça. Je me suis représentée dans une bête position de rêverie, devant un livre et avec un crayon et un autre livre à côté de moi. J’ai hésité sur la configuration spatiale et puis finalement je me suis mise au sommet d’une colline. D’une part parce que ça ressemble à chez « moi » (la ville où j’ai grandi), d’autre part ça « ouvre » l’esprit, avec une plaine et des fleurs alentour. Une sorte de grand espace à conquérir.

Pour la technique, autant vous dire que j’ai été très déçue. ^^’ J’ai décidé de changer, d’explorer d’autres univers que mes crayons de couleurs, alors j’ai pris de Faber « aquarellables ». Mais en fait dès qu’on passe l’eau, on se retrouve avec un dessin très pâle, et avec très peu de textures, ça m’a beaucoup perturbée. J’ai joué alors comme j’ai pu pour passer moins d’eau à certains endroits et laisser apparents les traits de crayons, et plus à d’autres pour du fondu. Finalement j’avais vraiment peur que mon dessin soit vide, il y a si peu d’éléments… mais j’apprends à accepter, il est tel qu’il est. Ce qui est très bizarre pour moi, ce qui m’a perturbée encore plus, c’est qu’en posant mon dessin et en m’éloignant pour le regarder, …. je me suis vue il y a 10 ans ou plus. J’ai l’impression de regarder le dessin d’une petite fille, un dessin comme j’en faisais quand j’étais jeune. C’est très bizarre comme sensation, et je ne sais pas si c’est possible ou négatif… »

Participation d’Althéa.

Participation de Lune.

Participation de Lucy.

Participation de Sybou.

Participation d’Astrée.

Participation d’Aurélie (nouveau)

Merci à toutes pour vos participations ! Maintenant on peut tous discuter sur nos dessins.

Des livres, des livres, encore des livres !

Ah décidément, chacun a son mot à dire sur l’écriture, et ça produit une avalanche de livres que l’on a envie de dévorer… j’avais posté quelques couvertures au début de ce blog, et depuis, tout doucement, je dresse des listes pour tenter de regrouper et classer les titres intéressants.

Et aujourd’hui voilà que je tombe encore sur un nouveau site pour écrivains et aspirants, avec justement une liste qui reprend les titres majeurs ! D’abord les 5 premiers, qui reviennent le plus souvent dans les critiques, puis d’autres titres :

What are you favourite books on the craft of writing? Which would you recommend as must-reads for someone just starting out?

Here’s your updated list. The following books have been recommended more than once:

These ones have been mentioned once each:

Jusqu’à présent, il m’avait toujours semblé que le livre de Stephen King était très plat et commercial (sur extraits), mais finalement tellement de gens semblent le conseiller que je vais peut-être y mettre mon nez. Le livre de Goldberg revient partout, et notre chère Nolwenn l’a chaudement recommandé. Puis au fil de mes lectures de site je suis tombé sur « Stein on Writing », va falloir que j’aille regarder ça.

Pourquoi écrire ? parce que …

Voici un témoignage synthétique qui m’a beaucoup parlé. Même si cette « tendance » ne persiste pas forcément toute une vie avec la même intensité, je crois qu’on en passe par là parfois. En tout cas, c’est ainsi que j’ai commencé.

I write because I have no choice but to write. Writing is physically part of me; it is part of me in ways that allow me to be me. When I think about not writing, I think about dying. The writing speaks to me in a secret language that only I know. I translate that language. Writing tells me to write and to talk to the world about who I am and what I believe in, what I struggle to know, and what I hope my memory will reveal to you (my dear reader).

Like Pablo Neruda, writing came to me. I don’t know how or why or when. But it came to me dressed in the only pretty face it had: in long swooping capital letters and synonyms and homonyms. It came to me in the moment that I wanted to seek out who I was, really.

I think about writing because I have to think about writing. I have no choice but to love in the moment all the words that try to speak to me. I write my conversation with the universe as it happens and as I remember it to be. When I am alone, I think writing is my partner. I think of writing as the best way to live; as the chance to be me in the way that I know how to be.

Why should writing be a question? Why should writing be a chore? I want to tell the stories of my life everyday. I want to speak to people as if they hear me beside them. I want to walk in front of the air and show my voice: sweet, scared, even shit-faced.

I did not find writing. Writing found me. When I think about its laugh or the way it holds me in the night when no-one is there to touch me, or the way it doesn’t shame me, how it accepts me when I’m fat or thin or happy or depressed, I know that I am doing what I am supposed to be doing. And in those brief spaces where I wonder if I am doing the right thing, when my manuscript is rejected for the fifth time, I know that there will be many more disappointments and it’s OK. It is OK because this is where I am supposed to be: writing.

Why must you write?

(a) Être soi et avoir la vie que l’on souhaite

Voici un magnifique témoignage qui fait particulièrement écho à mes réflexions de début d’année, pour savoir qui je suis et ce que je veux.

Une vie simple

Pendant très longtemps je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie. Lorsque j’étais petite je voulais faire tout un tas de choses : être exploratrice, pirate, archéologue, chercheuse de trésors, troubadour et tout ce qui s’apparentait à une vie aventureuse. Plus tard j’ai découvert l’Art et j’ai ensuite voulu devenir : conservatrice de musée, restauratrice d’œuvres d’arts, enlumineuse, tailleuse de pierre, sculptrice, peintre, orfèvre, puis je suis progressivement passée au monde du livre en voulant devenir écrivain, rédactrice, traductrice etc. Souvent entre deux envies matérielles j’émettais le souhait intérieur de surtout pouvoir toujours vivre à la campagne et de ne jamais devenir comme les citadins. Je voulais alors être herboriste, sorcière, éleveuse de chevaux, fermière, et j’en passe. Je voulais avoir un énorme jardin, rempli de plantes bizarres et très grandes, de légumes et de fruits toujours gorgés de jus, avec un goût divin.
Mais, finalement, je ne savais toujours pas quoi faire exactement de ma vie car tout ce à quoi je rêvais me paraissait impossible et, plus tard, influencée par les dires des adultes autour de moi, tout cela devenait irréalisable et utopique. Pourtant dans ma tête il y avait quelque chose qui clochait, qui était profondément stupide et irrationnel. Pourquoi aspirer à une vie simple semblait-il si fou ? Si naïf, si inexcusable, si enfantin, si contradictoire ? Je ne comprenais pas la logique des adultes, je les voyais trimer avec un métier qu’ils n’aimaient pas, pourquoi alors ne faisaient-ils pas plus simple ? Pourquoi ne laissaient-ils pas cette vie qui leur convenait si peu pour faire ce qu’ils voulaient ?
Bien sûr les réponses sont venues plus tard, lorsque j’ai dû à mon tour trouver ma place dans le monde du travail, chercher, trouver, toujours et encore, parce que je n’étais jamais satisfaite de ce que j’avais ni du lieu où j’habitais. Pendant quelques années j’étais enfermée dans la spirale intensive du gagner de l’argent pour vivre correctement, du moins en apparence histoire de ne pas faire naitre de questions gênantes de la part de la famille. Mais je me suis très vite lassée de cette course et très naturellement mes vieux rêves ont ressurgi.

Je suis toujours, et de plus en plus, étonnée et dubitative de voir, d’entendre et de lire que vouloir une vie simple est vu comme un acte de faiblesse voire de fuite. Soit disant on retournerait à un mode de vie marginal, hippie dans le meilleur des cas, rudimentaire voire sectaire dans le pire. Comment les gens peuvent-ils être si coupés de leurs aspirations profondes ? On ne me fera pas croire que faire des semaines de tant d’heures, de voir à peine sa femme et ses enfants chaque jour nous élève et nous permet d’être heureux. On ne me fera pas croire non plus qu’un salaire outrageusement élevé permet de se sentir mieux et de voir passer la vie moins amèrement.
On peut enfin parler sereinement et de façon intelligente avec les gens lorsqu’ils se sentent eux même sereins, paisibles, calmes et détachés de toutes leurs obligations quotidiennes. Ils se permettent alors de respirer enfin un peu, de dormir convenablement, de manger sainement, de prendre le temps d’admirer le paysage, de faire des découvertes, de passer du temps en famille. Bref, lorsqu’ils sont en vacances. C’est cette conscience là qui m’a fait prendre des choix à l’opposé du communément acceptable. Je ne voulais pas attendre de pouvoir être en vacances pour enfin pouvoir faire ce que je voulais, je ne voulais pas me sentir enchainée par obligations envers une société que je ne reconnais pas et qui ne me reconnait pas en tant qu’être humain dans ce que ce terme peut avoir de plus pur. Savoir que je me dirigeais sur le chemin qui me dégoutait profondément dans la vie des autres me rendait malade.
Bien sûr faire ce choix n’a pas été facile tant au niveau du regard et des médisances de ma famille qu’au regard des autres pour qui vous passez pour une bizarre, une originale, une paumée, une inconsciente, une bobo-bio, une fille simplette, une qu’elle est mignone ! un peu con mais mignone. Mais ce qu’il faut dire c’est qu’au bout d’un moment le regard des autres on s’en fiche, tellement ce besoin viscéral de vivre comme on l’entend devient oppressant, obsédant, et urgent. Les choses nous paraissent alors si futiles, si contradictoires, si débilitantes. Et plus le temps passe, plus vous avez l’impression d’être complètement à l’opposé de tout ce que vous entendez et voyez, d’être à l’envers, d’être effectivement en marge parce que vous n’acceptez plus qu’on vous prenne constamment pour une abrutie. Il y a un fossé énorme qui se creuse chaque jour entre ce que nous construisons comme société et ce à quoi nous aspirons vraiment.

Le réveil des consciences est si lent. Faire face à soi-même fait si peur aux gens. Se mentir est tellement plus simple.

J’ai vécu mes plus beaux moments dans un « état » de simplicité. Depuis 4 ans environ j’ai fait le choix en tout état de cause de vivre simplement et lorsque je me sens abattue, dépassée, la première chose qui me vient à l’esprit est notre future maison près de la forêt avec notre grand jardin. Et rien ne me redonne autant envie d’aller de l’avant, rien ne me redonne autant envie de m’abreuver encore des magnificences de ce monde.
Quel étrange état de fait de se dire et de se rendre compte que « revenir » à des choses simples est si difficile aujourd’hui !
Pourtant il suffit en premier lieu de le vouloir et tout se met en place ensuite. Les choses s’enchainent, les synchronicités arrivent, vous rencontrez les bonnes personnes, aux bons moments, le chemin s’ouvre … et vous ne pouvez plus revenir en arrière, vous ne le voulez plus.

Une vie simple pour moi c’est se réveiller chaque matin de bonne humeur et heureuse d’une nouvelle journée qui s’annonce. C’est pouvoir prendre le temps de déjeuner, prendre le temps de se réveiller en douceur. C’est prendre le temps d’une balade même s’il fait gris, le temps de lire 1 heure ou 2 même si j’ai du travail par dessus la tête. C’est prendre un carré de chocolat noir sans penser aux dictats physiques de notre temps. Décorer et rendre mon foyer doux et intime sans dépenser des fortunes en aménagement. C’est aussi prendre son thermos, son sac à dos, quelques biscuits maison et battre la campagne toute une journée. C’est élever mon fils grâce à des concepts simples et sains, lui apprendre plus tard qu’il est le seul juge de sa propre vie et qu’il ne doit jamais oublier de lever les yeux et d’admirer tout ce qui lui est offert chaque jour. C’est me connecter aux énergies du monde (tenter du moins), au sol frais sous mes pieds, à la lumière qui perce les branchages, au doux bourdonnement des abeilles au printemps, à la pluie fraiche de l’été et aux odeurs de mousse et de feuille en automne. Une vie simple est une vie de contemplation silencieuse, une vie de respiration douce et harmonieuse, une vie de lenteur. Et ce n’est pas impossible, quoi que vous entendiez dire à ce sujet.

A travers ce blog, je tente aussi de montrer à qui passe par là que tout cela est possible. Je suis loin d’être riche, je n’ai actuellement aucun salaire si vous voulez tout savoir, j’ai bientôt la trentaine, je suis toujours étudiante et depuis peu maman. Un jour j’ai réalisé que ce n’est pas à travers le métier que l’on veut faire plus tard que l’on se réalise, mais comment on décide de vivre sa propre vie. A partir de ce moment tout a changé, j’ai eu l’impression que ma vision avait tourné à 180°C et que tout un pan de ma propre vie et de mon propre moi m’était alors révélé. Rester sur ces acquis est une des pires choses à faire. Il n’y a rien de plus handicapant que l’immobilisme mais surtout la certitude que l’on a déjà fait le tour des choses et que l’on est blasé de tout.

Cet espace n’a jamais eu pour prétention de ne parler que de spiritualité, et j’en suis bien contente, car au fil des jours je me rends compte à quel point tout s’interpénètre. Sans doute certains se demandent ce que des recettes viennent faire entre un article sur un bouquin philosophique et une page de citations. Pour moi pourtant tout est d’une cohérence amusante, les choses forment un tout et il serait malvenu de ne montrer qu’un de ses aspects parce que c’est tendance.

Souvent je plaisante avec d’autres qui me semble t-il ont à peu près les mêmes aspirations en m’écriant des choses qui peuvent paraitre stupides au premier abord. Mais pourtant pensez-y : vive le fromage de chèvre, le saucisson sec. Le (bon) gras, c’est la vie ! Je suis une fougère quand j’en ai envie et rien ne m’empêche d’aller courir les près avec un chapeau pointu.

L’innocence est un trésor lumineux que nous portons du début jusqu’à la fin et n’est en rien péjoratif. Il faudrait être fou pour ne pas comprendre qu’aller élever des biquettes en montagne ou faire du Gruyère AOC grâce à ses vaches qui mangent le foin aux fleurs précieusement récolté pendant les interminables journées d’été est mieux que d’être PDG d’une grande multinationale qui croule sous les pots-de-vin et de s’entendre annoncer qu’on a un ulcère – pour le moins pire – et qu’on va creuver dans 5 ans … pauvres petits billets qui ne passeront pas de l’autre côté ! C’est moche.

 

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